Nous étions au saumon, juste en aval du pont de Nabas. Nos mouches n'avaient pas de succès mais à cette pêche, il faut être optimiste, patient ou chanceux ! Je me trouvais très près de la pile du pont, peignant consciencieusement la tête du pool lorsqu'un bruit de voix me fit lever la tête. Un gars se tenait sur le pont, surplombant l'autre rive et me faisait de grands signes que je finis par traduire par "il y a un gros poisson en face de vous". Je suis un peu (hum) dur d'oreille et le bruit du courant couvrait ses explications.
Néanmoins, j'allongeai la soie et draguai le secteur désigné, sans succès. Le copain était remonté aux nouvelles mais sa mouche n'eut pas plus de succès que la mienne. On finit par remonter sur la plage et notre homme nous y rejoignit. Là, je réalisai que ma demi-surdité et le bruit du courant n'étaient pas la seule raison de mes difficultés à comprendre ses explications. Nous avions affaire à un Suisse, mais germanophone. ! Rien à en tirer en français (ils sont 20 pour cent, paraît-il, de francophones, il a fallu qu'on tombe à côté !


Justement, ce sac à dos était associé à un autre sac, presque aussi imposant et c'est là que je rejoins l'histoire de la cornemuse. Notre Helvète posa ce sac par terre après nous avoir dit quelque chose comme "I'll play for you" (on a compris après) , et en sortit une sorte de tube d'une bonne cinquantaine de centimètres, sans doute en carbone, puis un autre, plus gros et aussi long, puis un autre...

Bon sang, cette musique puissante, amplifiée par la voute du pont, ça nous prenait aux tripes ! On ne pensait plus au saumon, on profitait pleinement du concert rien que pour nous.

A-t-il joué pour le plaisir, pour le partage, pour faire connaître son instrument... En tout cas, c'était bien sympa !